Pédagogie – les pratiques pédagogiques

Extrait écrit universitaire de  recherche : 

« PRATIQUE PÉDAGOGIQUE AU REGARD DE L’ACCESSIBILISATION »

Les pratiques pédagogiques mise en oeuvre par les enseignants exerçant en élémentaire, pour rendre accessible l’apprentissage de la lecture des Élèves à Besoins Éducatifs Particuliers. (Peretti J, 2020)

D’après le Centre National des Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL), la pédagogie, provient des mots empruntés au Grec : « enfant » ou « éducation des enfants » d’où le terme « éducation », dérivé du mot « pédagogue ». 

Le Larousse, définit la pédagogie comme « un ensemble de méthodes utilisées pour éduquer les enfants et les adolescents » il s’agit d’une « pratique éducative dans un domaine déterminé, méthode d’enseignement ».

Altet M., précise la pédagogie ainsi : « le champ de la transformation de l’information en savoir par la médiation de l’enseignant, par la communication, par l’action interactive dans une situation éducative donnée. »

V. Tochon (1989) quant à lui note que « le fait pédagogique concerne l’organisation de la relation sociale aux connaissances et la gestion du groupe-classe ». (Altet, 2016).

Classification des courants pédagogiques

Ils existent de nombreux modèles de classification des courants pédagogiques. Les méta-analyses des recherches comparatives (Peterson,1979 ; Giacona et Hedges, 1983) questionnent la pertinence des choix des critères retenus (Altet, 2016). Ainsi ils relèvent des points communs dans diverses études réalisées. Alors que celles-ci montrent une certaine opposition entre l’enseignement traditionnel (basé sur le maître et les contenus) et l’éducation nouvelle (centré sur l’élève), les auteurs partagent l’idée que cette dichotomie ne devrait avoir lieu. 

Nous retiendrons le modèle de classification que nomme Altet M. (2016) : « les pédagogies de l’apprentissage ». Celle-ci est construite à partir des trois notions clés de la pédagogie : l’enseignant, l’élève et le savoir. Ce modèle s’appuie sur les classifications de Louis Not (1988), Jean Houssaye et Altet (1991).

  • Louis Not

Il catégorise les pédagogies autour de la structuration du savoir et de l’action de l’enseignant, conduite par une interaction entre le sujet (l’élève) et l’objet (le savoir). Il distingue trois méthodes : hétérostructuration, autostructuration et interstructuration. La première méthode est le fait que les savoirs sont structurés par les « experts-enseignants » mettant en avant l’action de transmission du savoir par l’enseignant. La deuxième méthode quant à elle, favorise l’activité de l’élève dans l’apprentissage du savoir, que l’enseignant observe et accompagne. Enfin, la dernière relève de l’action de l’enseignant entant que médiateur dans l’apprentissage du savoir par l’élève.

  • Jean Houssaye

Houssaye présente le paradigme du triangle pédagogique basé sur les notions : savoir-enseignant-élèves. Il décrit différents processus : enseigner – former – apprendre. Le processus-enseigner est régi sur la transmission du savoir par l’enseignant à l’élève. Le processus-former s’articule entre les rapports enseignant-formé et les pédagogies focalisées sur la formation humaine et la socialisation. Enfin, le processus-apprendre met en avant le rapport entre le savoir et l’élève et place l’enseignant dans le rôle de médiateur pour l’accompagner dans ses apprentissages.

  • Marguerite Altet

Altet M. met en avant l’importance de la situation pédagogique mise en œuvre par l’enseignant par la communication avec l’élève. Elle fait valoir un modèle systémique dont elle soulève l’intérêt de la régulation pédagogique. Il s’agit alors de prendre en compte la complexité de l’ensemble des éléments dans un processus enseignement-apprentissage dans une situation précise.

Altet M. (2016) définit la pédagogie comme une « articulation dialectique et régulation fonctionnelle entre les processus enseignement-apprentissage dans une situation donnée par le biais de la communication, autour de savoirs et d’une finalité »

Représentation de la notion de pédagogie par Altet M. (Altet ; 2016)

Cette représentation de la pédagogie nous amène à définir dans un premier temps la notion de « didactique » afin de mettre en relation les pratiques pédagogiques des enseignants au regard de l’accessibilisation. En d’autres termes, au sein de ce triangle pédagogique « enseignant-élève-finalité » : Comment et quel(s) outil(s) les enseignants utilisent pour que tous les élèves accèdent à cette « finalité » ?

Didactique et apprentissage.

Définition de la didactique.

L’enseignant exerce deux pratiques : la didactique et la pédagogie. La première concerne la gestion de l’information de la structuration du savoir et l’appropriation par l’élève. La seconde, aborde le traitement et la transformation de l’information en situations pédagogiques pour les élèves. L’articulation entre enseigner-apprendre amène à diverses formes de pédagogie, autant dans la gestion des situations, que l’organisation d’apprentissage des élèves et encore plus au regard des divers styles cognitifs d’élèves dans un groupe classe.

Il est nécessaire de mettre en exergue la notion de « didactique ». En effet, dès le XVIIème siècle se posait les questions autour de l’organisation de la progression des apprentissages, la manière d’enseigner différents savoirs.

Les programmes et les méthodes ont évolués. De fait, la didactique devient un champ de recherche scientifique permettant alors l’analyse et la théorisation des pratiques professionnels des enseignants.  Le travail de didactisation permet l’adaptation de la situation d’apprentissage, ajuste les contenus au niveau des apprenants et des objectifs à atteindre.

Définition de l’apprentissage

Le terme apprentissage est défini en psychologie comme une « modification adaptative du comportement au cours d’épreuves répétées. » (Cnrtl.fr). En d’autres termes, il s’agit d’un ensemble d’action effectué par un individu pour apprendre quelque chose de nouveau.

Le petit robert propose deux sens au verbe apprendre : le premier porte un sens objectif, il concorde au fait de porter à la connaissance de quelqu’un, de faire connaître. Le second porte un sens subjectif qui renvoie à la notion de l’activité même du sujet.

« Apprendre quelque chose de nouveau » est le résultat d’une alternance entre le fait de d’instruire et s’instruire. Dans le premier cas le savoir est transmis au sujet. Dans le second cas le savoir est acquis par le sujet lui-même. Les recherches actuelles dans le domaine des théories de l’apprentissage (Chaduc et al. 2008) relèvent la complexité de cette alternance, en démontrant qu’apprendre n’est pas le simple fait de recevoir une connaissance (d’instruire) mais bien que le sujet acquière cette connaissance par lui-même (s’instruire).

Toutefois, il est nécessaire de ne pas créer une distinction entre ces deux processus et de considérer le rôle de l’enseignant dans l’apprentissage de nouveaux savoirs, entant que médiateur.  En effet, l’élève n’a pas pour première motivation d’apprendre. La difficulté est donc d’interroger quels sont les processus d’apprentissage chez les élèves et quel rôle à l’enseignant dans cette démarche.

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